La limite planétaire « pollution chimique » a été franchie en 2022 car sont retrouvés, dans tous les compartiments environnementaux, des éléments radioactifs, des métaux lourds et de nombreux composés organiques anthropiques (notamment des micro-plastiques), difficiles, voire impossibles à éliminer une fois émis.
La pollution fragilise la santé des populations, dégrade les écosystèmes, contribue au changement climatique (production et transport des substances chimiques dépendent largement des énergies fossiles) et pèse lourdement sur la performance économique des entreprises. Pour ces dernières, il s’agit aussi d’un risque réglementaire, réputationnel, financier, économique et juridique. Réduire la pollution n’est donc plus une option, c’est un impératif stratégique ! Pour y répondre, les entreprises actionnent plusieurs leviers :
- Accroître les connaissances et la transparence. D’une part, en évaluant les impacts sanitaires et environnementaux des produits a posteriori de leur mise sur le marché. D’autre part, en travaillant à améliorer la transparence de la composition chimique des produits.
- Partage d’expertise. Que ce soit à travers la réponse à des appels d’offres ou en participant à des projets de recherche multi-acteurs, les entreprises collaborent avec des acteurs publics et d’autres parties prenantes pour mettre leur expertise au service de la connaissance et de la réduction des pollutions.
- Écoconcevoir les produits. Agir dès la conception des produits est le plus efficace, mais également le plus difficile et coûteux. Trois leviers sont mobilisés : renoncer à certains matériaux ou substances chimiques, substituer, et réduire l’impact général du produit. Développer des collaborations dans les secteurs et chaînes de valeur, avec les pouvoirs publics et d’autres acteurs pertinents, permet de partager risques et coûts.
- Réduire l’exposition issue de la production et du transport. Certains industriels sont dans une démarche de traitement de leurs émissions qui va au-delà de ce qui leur est réglementairement imposé.
- Optimiser la fin de vie des produits. D’une part, en allongeant la durée de vie des produits et en améliorant leur recyclabilité. D’autre part, en améliorant la collecte, la gestion et le traitement des déchets.
Toutes ces actions sont alignées avec le concept One Health : elles visent simultanément à réduire les pollutions, à préserver les milieux naturels et à améliorer la santé, tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique.
Les entreprises se saisissent de plus en plus des approches holistiques. Pour certaines, l’enjeu est déjà de mieux comprendre les liens entre santé et environnement et les mesures qui peuvent être déployées. D’autres ont commencé à adopter des actions alignées avec ces approches en intégrant différents paramètres environnementaux et sanitaires à la conception de leurs projets/stratégies. Enfin, certaines entreprises, principalement des secteurs de la santé et de l’agroalimentaire ou qui y sont liés, commencent à intégrer directement ce concept dans leurs réflexions.
Élargir les réflexions liées à la réduction de l’exposition à des approches intégrées du type One Health permet la mise en place de solutions plus robustes et résilientes.
La récente publication « Pollutions et entreprises : vers la mise en place d’approches holistiques » détaille ces leviers et les illustre par des pratiques d’entreprises.
Marie MARCHAND-PILARD, Responsable Santé-Environnement, EPE
